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Conférence de l’Amicale israélo-américaine

Les membres de la communauté israélienne à travers le monde ont célébré hier le 57e anniversaire de l’indépendance de l’État hébreu. Le vice-président américain Joe Biden était pour sa part présent à la réception organisée par Ron Dermer, ambassadeur d’Israël à Washington. Les experts y voient un signe que la Maison blanche veut rétablir des relations de confiance avec Israël — mais les déclarations ne suffiront pas. La communauté juive des USA est traditionnellement considérée comme un bastion du parti démocrate et, de ce fait, la discorde entre le président américain Barack Obama et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est douloureuse pour l’administration américaine. La phase aiguë du conflit semble toutefois toucher à sa fin et les alliés traditionnels, qui s’étaient retrouvés temporairement des deux côtés des barricades, sont à nouveau prêts à s’unir — du moins en paroles. Les premières tentatives d’Obama d’apaiser le conflit ont été entreprises lors d’une interview accordée au New York Times début avril. Il disait comprendre la préoccupation de Netanyahu et mentionnait la nature particulière des relations entre les USA et Israël. Une autre démarche publique importante fut la présence de Biden à l’événement consacré à l’indépendance d’Israël. Obama n’est pas encore prêt à rencontrer personnellement le premier ministre israélien, mais ils s’entretiendront par téléphone. Rappelons que la position des deux dirigeants diverge quant à l’accord en préparation entre les six médiateurs internationaux et Téhéran sur le programme nucléaire iranien et les solutions pour régler le conflit israélo-palestinien. Ces deux dossiers ne sont pourtant que les épisodes d’une série de différends qui a commencé l’an dernier. En effet, les relations bilatérales avaient déjà été affectées par l’échec des négociations israélo-palestiniennes de 2013-2014 et la longue opération militaire de Tel-Aviv dans la bande de Gaza. Le point culminant de cette « confrontation », selon les experts, a été l’intervention du premier ministre israélien devant le Sénat américain début mars, démarche qu’il avait entreprise sans en informer la Maison blanche. Netanyahu avait alors critiqué le projet d’accord avec Téhéran, important pour Obama. Ses propos sur les « troupeaux d’électeurs arabes qui votent » lors des législatives n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu. Par la suite, Netanyahu a tenté de se distancer de ses déclarations sur les résidents arabes du pays et a présenté ses excuses — mais il était trop tard. La réaction critique de l’administration américaine a été si dure que certains congressistes démocrates ont appelé le président à être moins virulent. La Maison blanche a qualifié les propos sur les Arabes de très alarmants et a même menacé de changer sa politique moyen-orientale alors que Tel-Aviv refuse toujours de reconnaître l’État palestinien. Il était question d’un éventuel refus des USA d’utiliser leur veto sur la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la reconnaissance de l’État palestinien. Jusque-là, les USA avaient refusé de lever leur veto, entre autres pour protéger les intérêts israéliens.

Conférence sur la dissuasion nucléaire Russe

Parmi les choix cruciaux qui doivent être opérés par les autorités russes, les axes de modernisation de l’outil de dissuasion nucléaire, compte tenu de leurs implications budgétaires mais aussi diplomatiques, doivent être scrupuleusement examinés. La Russie, on le sait, s’est engagée dans un ambitieux effort de rénovation de sa triade stratégique, dont nous avons déjà évoqué la composante aérienne dans le premier volet de cette série d’articles. Mais la question de la pertinence de pousser le développement du bombardier stratégique PAK-DA jusqu’à son terme n’est pas la seule qui doit être tranchée. Les multiples programmes de missiles intercontinentaux ou ICBM actuellement en cours de développement, RS-24 Yars et sa version modifiée, le RS-26 Roubej, ainsi que le futur missile intercontinental lourd Sarmat, ne constituent-ils pas une dispersion d’efforts préjudiciable? Pour nos collègues du Centre d’Analyse des Stratégies et de Technologies (CAST) de Moscou, qui se sont récemment exprimés dans un rapport sur les aspects budgétaires de la défense russe, poser la question c’est déjà y répondre. La Russie, estiment-ils, n’a pas aujourd’hui les moyens économiques de mener à bien la refonte de ses forces armées dans les coûts prévus et les délais impartis. Des allongements de programmes sont à prévoir. Mais des abandons de projets pourraient aussi s’imposer selon nous afin de mieux se concentrer sur les armements essentiels. Il semble logique d’aller au terme du développement des projets RS-24 et RS-26. Ces missiles sont quasi-invulnérables compte tenu de leur mobilité (lancement depuis un Transporteur Erecteur Lanceur ou TEL), de leur très bref temps de mise en alerte, grâce à l’usage de propergol solide, de leur agilité enfin (phase ascendante très rapide, hypermanoeuvrabilité des corps de rentrée…) garantissant une interception quasi-impossible. Ces engins assurent le maintien du niveau de suffisance et de crédibilité des forces stratégiques russes vis-à-vis de leurs homologues américaines ou de toute autre force de dissuasion nucléaire. Le missile lourd Sarmat, conçu pour remplacer à l’horizon 2020 les engins R-36M2 Voïvode et UR-100N n’est peut-être pas, en revanche, une option aussi pertinente. Certes le développement d’engins de ce type permet d’envoyer un signal clair: la Russie a les moyens de se doter d’engins lourds, à propergol solide, sans avoir recours aux technologies de l’industrie de défense ukrainienne, auxquelles les R-36M2 et UR-100N font appel. Mais nul n’a réellement de doute en la matière. La Russie, depuis le lancement du lanceur spatial Angara a démontré qu’elle était parfaitement en mesure de produire seule des lanceurs de nouvelle génération sans l’aide des entreprises d’Ukraine Yuzhmash, Yuzhnoye ou Arsenal. Et la mise au point d’un nouvel ICBM lourd à propulsion liquide, donc au préavis d’alerte avant lancement plus long, ne semble pas seulement technologiquement dépassée. Son impact diplomatique pose aussi problème. Car un engin tel le Sarmat peut embarquer 10 à 15 têtes nucléaires. Ce qui était intéressant dans un contexte de guerre froide, pour saturer les défenses adverses, mais ne l’est plus alors que la Russie a signé en 2010 le traité New Start, limitant à 1 550 le nombre de têtes nucléaires opérationnelles russes et américaines. A moins, bien entendu, que la Russie entende signifier, via le Sarmat, qu’elle pourrait se retirer de New Start si les Américains poursuivent leur politique de sanctions à son égard et leurs projets de bouclier antimissiles…