Un séminaire à Ravenne ?

Il y a peu, nous avons organisé un séminaire pour 25 personnes en Italie, et avons proposé aux participants de découvrir la basilique San Vitale de Ravenne : un édifice qui est non seulement l’occasion d’une escapade, mais fait toujours son petit effet sur ses visiteurs. San Vitale date de la période la plus glorieuse de l’histoire de Ravenne, soit l’époque où la ville jouait un rôle central dans les relations entre l’Orient et l’Occident, entre Constantinople et Rome. Et l’église reflète ces influences culturelles très variées, également exprimées par ses superbes mosaïques, considérées comme les plus belles du monde occidental.
Située au nord-est de l’Italie, Ravenne commença à jouer un rôle éminent lorsque l’Empire romain s’effondra. En 402, la ville remplaça Rome comme capitale de l’Empire occidental, mais à la fin du siècle, elle tomba entre les mains des Ostrogoths. En 540, la situation évolua de nouveau, car l’empereur byzantin Justinien prit le contrôle de Ravenne et en fit la capitale de son régime impérial en Italie. San Vitale fut construite dans le cadre de tous ces remous politiques. Sa construction lut décidée par l’évêque Ecclesius en 526, au cours de la période ostrogothe. L’édifice fut consacré en 547, sous le nouveau régime. La basilique avait été financée par des fonds privés provenant d’un riche banquier, Julianus Argentarius, et dédiée à un saint peu connu, saint Vital.
L’édifice possède une structure octogonale inhabituelle, avec une aile externe et des galeries. Elle associe des éléments romans et byzantins, mais l’influence byzantine y est bien plus marquée. C’est pourquoi il est vraisemblable que les plans furent conçus par un architecte latin formé en Orient. Les mosaïques, des scènes bibliques et des portraits impériaux, ont aussi un caractère byzantin prononcé. Parmi les plus célèbres figurent deux panneaux montrant Justinien et son épouse, Théodora, insistant sur la nature théocratique de leur gouvernement. Justinien est représenté en compagnie de douze domestiques — évoquant Jésus-Christ et ses apôtres — et le couple royal présente les récipients destinés à contenir le pain et le vin, les symboles de l’eucharistie.