Grèce: opération de la dernière chance

Dernière chance. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a présenté ses nouvelles propositions aux créanciers de la Grèce, quelques heures avant un sommet de la zone euro crucial pour éviter au pays un défaut de paiement aux conséquences imprévisibles. La nouvelle a été annoncée dans la nuit de dimanche 21 à lundi 22 juin par Martin Selmayr, le chef de cabinet du président de la Commission, sur son compte Twitter: « Nouvelle proposition grecque reçue par M. Juncker, Mme Lagarde et la Banque centrale européenne. Bonne base pour faire des progrès au sommet de la zone euro ». En allemand, sa langue maternelle, il a évoqué un processus qui s’est fait « aux forceps », alors que les propositions grecques étaient attendues dans l’après-midi de lundi par les créanciers. Aucun détail n’a toutefois été fourni sur le contenu de ces propositions faites par Athènes pour obtenir le déboursement rapide de 7,2 milliards d’euros, promis de longue date, et qui doit lui permettre d’éviter à la fin du mois un défaut de paiement. Lundi, les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), puis les dirigeants des 19 pays qui ont l’euro comme monnaie commune se réuniront à Bruxelles pour éviter au pays ce scénario catastrophe. Un rendez-vous test attend Alexis Tsipras avant le sommet prévu en début de soirée: il doit rencontrer à 11h00 heure française le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le président de la BCE Mario Draghi et le chef de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. Sans avis positif sur les propositions grecques lors des deux sessions de négociations, les chances sont faibles pour que le sommet des dirigeants de la zone euro permette un dénouement devenu urgent. Et sans décision sur le déboursement d’une tranche de prêts de 7,2 milliards d’euros, Athènes, à court d’argent, risque de ne pouvoir honorer le 30 juin un remboursement de 1,5 milliard d’euros au FMI, un scénario aux conséquences imprévisibles. La possibilité d’une sortie de la Grèce de la zone euro, même si ce processus inédit n’a rien de mécanique en cas de défaut, est désormais évoquée ouvertement.